Les Carnets Du WcO N°2 — De La Céréale Au Whisky.


ɷɷɷ

Comment naît un whisky : le voyage du grain jusqu’au verre.

La naissance d’un whisky en 10 étapes.

—

L’orge récoltée est trempée dans l’eau pendant plusieurs jours pour déclencher sa germination. Ce processus réveille les enzymes naturelles du grain, indispensables pour transformer plus tard l’amidon en sucres fermentescibles.

—

Pour stopper la germination au bon moment, le malt vert est séché dans un four (kiln). C’est à cette étape que l’on peut brûler de la tourbe sous le four : sa fumée caractéristique pénètre le grain et donne aux whiskies tourbés leurs arômes de feu de bois, de cendres et d’iode.

—

Le malt séché est moulu dans un moulin spécifique pour obtenir une farine grossière appelée le grist (composé d’environ 20 % d’écorces, 70 % de farine grossière et 10 % de farine fine).

—

Le grist est mélangé à de l’eau très chaude dans une grande cuve (wash tun). L’eau chaude extrait les sucres de la céréale pour créer un jus doux et sucré appelé le moût (wort). Les résidus solides d’orge sont filtrés et souvent donnés au bétail local.

—

Le moût refroidi est versé dans de vastes cuves en bois ou en inox (washbacks), puis de la levure est ajoutée. Les levures dévorent les sucres et les transforment en alcool et en arômes. Au bout de 48 à 72 heures, on obtient une sorte de bière forte sans houblon à environ 8-10 % vol., appelée le wash.

—

Le wash est chauffé dans le premier alambic en cuivre (wash still). L’alcool s’évapore à une température plus basse que l’eau, monte dans le col de l’alambic, puis se recondense sous forme liquide. On obtient les low wines (vins faibles), titrant entre 20 % et 25 % vol.

—

Le liquide repasse dans un second alambic en cuivre plus petit (spirit still). C’est la distillation de précision qui sépare le distillat en trois fractions.

—

Le distillat est divisé en trois parties dans le coffre d’esprit (spirit safe) :

Têtes de distillation (foreshots) : trop volatiles et toxiques (m méthanol).

Cœur de chauffe (heart) : le précieux distillat limpide, pur et aromatique, titrant autour de 65-70 % vol. C’est lui seul qui deviendra du whisky !

Queues de distillation (feints) : trop lourdes et amères.

—

Le cœur de chauffe est réduit avec de l’eau purifiée puis entonné dans des fûts de bois (principalement en chêne ayant contenu du Bourbon, du Sherry, etc.). Durant un minimum de 3 ans (souvent bien plus), le liquide interagit avec le bois, s’imprègne de ses arômes, s’adoucit et prend sa belle couleur ambrée.7

—

Le maître distillateur goûte, sélectionne et assemble différents fûts pour obtenir le profil aromatique exact recherché. Le whisky est ensuite ajusté à son degré final de dégustation (généralement entre 40 % et 46 % vol., ou conservé brut de fût cask strength) avant d’être mis en bouteille.


Véritable gardien du temple et chef d’orchestre de la distillerie, le maître distillateur :

Pilote les paramètres techniques de chaque distillation.

Décide du moment exact de la coupe du cœur de chauffe.

Sélectionne les fûts de chêne appropriés pour l’élevage.

Compose les assemblages d’année en année pour garantir la régularité et la signature de la maison.


Deux distilleries utilisant la même orge, la même levure et la même eau obtiendront des profils aromatiques radicalement différents grâce à une multitude de détails :

1. La forme et la taille des alambics : Un alambic haut avec un long col crée un whisky léger et pur (les vapeurs lourdes retombent). Un alambic trapu et court produit un whisky plus lourd, gras et riche.

2. Le type de condensation : Les condenseurs traditionnels en serpentin de bois (worm tubs) donnent un profil sulfureux et charpenté, tandis que les condenseurs modernes à tubes (shell and tube) apportent plus de finesse.

3. La durée de fermentation : Une fermentation courte (45-50h) développe des arômes de céréales et de malt. Une fermentation longue (75-100h) permet le développement d’esters fruités et floraux.

4. La vitesse de distillation : Une distillation lente favorise les contacts entre le cuivre et l’alcool, purifiant le spiritueux.

5. Le microclimat et le chai de vieillissement : L’humidité, la température et l’air marin ou forestier où reposent les fûts modifient profondément le vieillissement au fil des ans.


ɷɷɷɷɷɷ

Source :

Par le Whisky Club Octopale

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *