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De l’alambic du moine au bar contemporain, le whisky a survécu aux guerres, aux lois et aux modes.
Découvrons l’incroyable histoire du whisky, ses dates clés, et des anecdotes qui ont cimenté sa légende.
On estime qu’il serait véritablement apparu en anglais sous sa forme actuelle (avec quelques variantes géographiques comme whiskie, whiskey ou whiskey) au cours du XVIIIe siècle.
Cette version anglaise serait une émanation du terme usquebaugh (aujourd’hui utilisé pour désigner une liqueur aromatisée à la coriandre), qui est lui-même un dérivé du gaélique écossais uisge-beatha et du gaélique irlandais uisce beatha, tous deux signifiant « eau-de-vie » (uisce signifiant « eau » et beatha signifiant « vie »).
Très rapidement après l’instauration du terme « whisky », adopté largement en Angleterre et en Ecosse, est apparue sa variante orthographique « whiskey » qui s’est imposée en Irlande. Une variante uniquement orthographique, puisque la prononciation reste la même.
Les émigrants irlandais, quittant leur île pour partir vers l’Amérique, ont emmené cet usage avec eux, et c’est ainsi qu’aux États-Unis, encore aujourd’hui, on écrit plus volontiers whiskey avec un E.

L’eau, l’ingrédient essentiel de la fabrication du whisky au même titre que les céréales et les levures, est pourtant celui dont il est le plus difficile de mesurer l’impact sur le produit final.
Les plus grandes distilleries, notamment en Ecosse, ont coutume de mettre en avant l’importance de « leur » eau, faisant connaître la source auprès de laquelle elles s’approvisionnent et l’origine géologique de l’eau. L’eau est utilisée aussi bien dans le processus de germination de l’orge, qui a besoin d’un environnement humide, que dans le processus der rafraîchissement des alambics pendant la distillation. Mais c’est au moment du brassage, où l’eau est mélangée à trois reprises au moût pour donner naissance à un brassin, qu’elle joue un rôle clé dans la typicité du whisky, avant de passer à l’étape de la fermentation.
Pour certains, la qualité de l’eau entre à hauteur de 5% dans le profil final du whisky, soit certainement moins que la qualité de la céréale, les levures utilisées, le profil de distillation et surtout le type de vieillissement. Mais elle reste une composante essentielle et une part de magie sans laquelle il n’y aurait pas de whisky.

Nul besoin d’être un spécialiste pour goûter un whisky.
Chaque verre, même d’un whisky familier, est toujours dégusté comme si c’était la première fois.
Le cadre est juste différent, l’ambiance aussi, l’humidité, l’heure, la compagnie, l’environnement, nous-mêmes.
Déguster un whisky est une expérience sensorielle qui nécessite attention et méthode pour apprécier pleinement ses arômes et saveurs.
Demandez à n’importe quel distillateur quelle est la meilleure façon de déguster un whisky, il vous répondra : « celle qui vous convient le mieux ».
Doit-on le diluer à l’eau ou le verser sur de la glace ?
C’est selon les goûts de chacun car la dégustation reste une expérience liée à l’appréciation et à la sensibilité des et des autres.
Idéalement, la dégustation d’un whisky doit se faire dans un verre type «tulipe ».
Sa forme permet de faire tourner le liquide pour libérer les parfums, son bord étroit favorise une présentation au nez idéale.
Quelques conseils pour apprécier pleinement l’étendue de la gamme des saveurs d’un whisky.

| LE VERRE |
Oubliez le traditionnel « verre à whisky », gros, rond, bon pour les whisky on the rocks.
Le « vrai » verre à whisky pour un amateur est généralement plus court, avec une base large qui se rétrécit vers le haut, ressemblant à une tulipe.
Cette forme est spécialement conçue pour concentrer les arômes du whisky, permettant ainsi une meilleure appréciation des notes subtiles et complexes.
La base large du verre permet une prise en main confortable et son design permet de le tenir par le pied, évitant de réchauffer le whisky.
| LA TEMPERATURE |
Le whisky se déguste à température ambiante.
Pas besoin de le refroidir, ni de le réchauffer.
Et surtout pas de glace dans un whisky car le froid cache tous les bons arômes.
| LA VUE |
Avant même que le whisky ne touche vos lèvres, votre expérience de dégustation commence par les yeux.
La vue nous donne les premières indications sur le caractère et l’âge du whisky.
La couleur du whisky peut varier du jaune pâle, presque transparent, à un riche ambre doré ou même à un brun profond.
Ces teintes sont généralement le résultat de la maturation en fûts, avec les bois qui infusent lentement leurs couleurs naturelles dans le spiritueux.
Un whisky plus foncé peut suggérer un vieillissement prolongé ou l’utilisation de fûts de sherry, tandis qu’une couleur plus claire pourrait indiquer un vieillissement plus court ou l’utilisation de fûts de bourbon.
Il est cependant important de noter que certains producteurs ajoutent du caramel colorant à leurs whiskies pour ajuster la couleur, donc ce n’est pas toujours un indicateur fiable.
En inclinant légèrement le verre et en faisant tourner le whisky, vous pouvez également observer la manière dont le liquide coule le long des parois. Ces « larmes » ou « jambes » qui descendent lentement peuvent donner des indications sur la texture et la teneur en alcool du whisky.
Un écoulement lent suggère généralement une texture plus riche et une teneur en alcool plus élevée.
| ARÔME |
Une technique éprouvée pour dévoiler les nuances du whisky est l’inclinaison du verre.
Commencez par incliner légèrement votre verre et positionnez le au niveau du thorax.
Inspirez doucement par le nez.
À cette distance, vous capterez les notes les plus délicates et subtiles du whisky.
Ensuite, à mesure que vous remontez doucement le verre vers votre menton, les arômes plus profonds et lourds commenceront à se manifester.
Faites attention à ne pas plonger votre nez directement dans le verre, comme vous pourriez le faire instinctivement avec un vin. Le whisky, en raison de son taux d’alcool élevé, peut « griller » vos cellules olfactives et masquer les flagrances délicates qu’il a à offrir.
Prenez le temps de bien humer les arômes et tentez de les identifier.
En humant le whisky, commencez par vous poser des questions simples.
Léger ou lourd ? Suave ou sec ? Fumé ou non ? Est-il fruité ? Si oui, quel fruit ? Vous rappelle t’il une saison ou un lieu ? Si oui, pourquoi ?
| GOÛT |
Goûtez une petite quantité de whisky pur pour en tapisser votre bouche.
Quelle sensation suscite t’il ?
Prenez-en une seconde gorgée et laissez le s’écouler en bouche en observant son évolution.
Ajoutez un peu d’eau si vous le souhaitez.
N’espérez pas identifier toutes les saveurs à la première dégustation.
Le caractère d’un whisky se révèle au fil du temps.
| DEVELOPPEMENT |
Avalez et appréciez en vous concentrant sur le goût général.
Vous rappelle t’il quelque chose de connu ?
La finale est-elle longue ou courte ?
Laissez les arômes se révéler et se développer après avoir avalé une première gorgée.
De nouvelles saveurs se manifestent-elles ?
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| RECHERCHEZ SYSTEMATIQUEMENT TROIS PARTICULARITES |
1-
L’EQUILIBRE
Tous les éléments fonctionnent en équilibre ; par exemple, le suave est équilibré par le sec.
2-
LA COMPLEXITE
Chaque fois que vous humez et goûtez, une nouveauté apparaît, les arômes et saveurs sont convaincants.
3-
LE CARACTERE
Il possède une individualité. Aucun autre spiritueux ne présente une palette aussi complexe d’arômes et de saveurs.

Le choix du verre à whisky est crucial pour optimiser l’expérience de dégustation.
Les verres, qu’ils soient tulipe, glencairn ou snifter, ont des formes et des matières spécifiques qui influencent la concentration et la diffusion des arômes.
La forme du verre et son ouverture déterminent la surface de contact entre le liquide et l’air, affectant l’oxygénation et la libération des composés volatils.
Loin d’être un simple contenant, le verre est un véritable outil qui peut sublimer ou, au contraire, atténuer les qualités d’un whisky.
De sa forme à sa composition, en passant par sa température, chaque caractéristique du verre interagit avec le précieux liquide, influençant ainsi votre perception des arômes et des saveurs.
Comprendre cette interaction vous permettra non seulement d’apprécier pleinement votre whisky préféré, mais aussi de découvrir de nouvelles facettes de cet alcool noble.
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| COMPOSITION CHIMIQUE DU VERRE ET SON IMPACT SUR LES ARÔMES DU WHISKY |
La composition chimique du verre est un facteur déterminant dans l’expérience de dégustation du whisky. Les verres sont généralement fabriqués à partir de silice, de soude et de chaux, mais les proportions de ces éléments peuvent varier, influençant ainsi les propriétés du verre. Certains verres contiennent également des oxydes métalliques qui peuvent affecter la perception des arômes du whisky.
Les verres en cristal, par exemple, contiennent une proportion plus élevée d’oxyde de plomb, ce qui leur confère une plus grande brillance et une meilleure sonorité. Cependant, cette composition peut également interagir avec les composés volatils du whisky, modifiant subtilement son bouquet aromatique. Les verres en cristal ont tendance à amplifier certains arômes, notamment les notes boisées et épicées, ce qui peut être particulièrement intéressant pour les whiskies vieillis en fût de chêne.
À l’inverse, les verres en verre ordinaire, composés principalement de silice, sont considérés comme plus neutres. Ils permettent une perception plus fidèle des arômes originaux du whisky, sans amplification ni altération significative. C’est pourquoi de nombreux professionnels préfèrent utiliser des verres en verre ordinaire pour les dégustations techniques et les analyses sensorielles.
| FORMES ET DIMENSIONS DES VERRES : INFLUENCE SUR LA VOLATILITE DES COMPOSES |
La forme et les dimensions du verre jouent un rôle crucial dans la volatilité des composés aromatiques du whisky. Ces caractéristiques physiques déterminent la manière dont les molécules odorantes s’échappent du liquide et se concentrent dans l’espace au-dessus de celui-ci. Cette concentration d’arômes, que vous percevez lorsque vous approchez votre nez du verre, est essentielle à l’expérience de dégustation.

→ Le tulipe : concentration des arômes et oxygénation optimale.
Le verre tulipe, avec sa forme évasée qui se resserre vers le haut, est souvent considéré comme le choix idéal pour la dégustation du whisky. Cette forme particulière permet de concentrer les arômes vers l’ouverture du verre, créant ainsi une expérience olfactive intense. De plus, la partie évasée du verre offre une surface suffisante pour que le whisky puisse s’oxygéner, libérant ainsi davantage d’arômes.
L’ouverture rétrécie du verre tulipe dirige les arômes directement vers votre nez, vous permettant de percevoir même les notes les plus subtiles.
Cette forme est particulièrement adaptée aux whiskies complexes et raffinés, comme les single malts écossais âgés ou les bourbons haut de gamme.
→ Le tumbler : dilution rapide et perte des notes subtiles.
Le tumbler, également connu sous le nom de Old Fashioned glass, est un verre bas et large souvent utilisé pour servir le whisky avec des glaçons. Bien que populaire, cette forme de verre n’est pas idéale pour une dégustation approfondie. Sa large ouverture favorise une évaporation rapide des arômes, ce qui peut entraîner une perte des notes les plus délicates.
De plus, la forme du tumbler encourage l’ajout de glaçons, ce qui peut diluer rapidement le whisky et modifier sa température. Ces changements peuvent masquer certains arômes et altérer la perception des saveurs.
Cependant, le tumbler reste un choix approprié pour les whiskies destinés à être bus sur glace ou dans des cocktails.
→ Le glencairn : standard de l’industrie pour l’analyse sensorielle.
Le verre Glencairn, conçu spécifiquement pour la dégustation du whisky, est devenu un standard dans l’industrie. Sa forme unique combine les avantages du verre tulipe avec une base plus large qui permet une meilleure appréciation de la couleur du whisky. Le Glencairn concentre efficacement les arômes tout en offrant une prise en main confortable.
Ce verre est particulièrement apprécié des professionnels pour l’analyse sensorielle car il permet une évaluation précise des caractéristiques du whisky. Sa forme favorise une libération progressive des arômes, vous permettant de découvrir la complexité du whisky au fil de la dégustation.
→ Le verre à cognac : amplification des notes boisées et épicées.
Bien que conçu pour le cognac, ce type de verre est parfois utilisé pour la dégustation de certains whiskies. Sa large base et son col rétréci créent un effet similaire à celui du verre tulipe, mais avec une amplification encore plus prononcée des arômes. Cette forme est particulièrement adaptée aux whiskies riches en notes boisées et épicées.
Cependant, l’utilisation d’un verre à cognac pour le whisky peut parfois surconcentrer les vapeurs d’alcool, masquant ainsi certaines nuances plus délicates. Il est donc recommandé de l’utiliser avec précaution, principalement pour les whiskies robustes et complexes qui bénéficient d’une aération importante.
| TEMPERATURE ET TEXTURE DU VERRE : EFFETS SUR LA PERCEPTION GUSTATIVE |
La température et la texture du verre sont des facteurs souvent négligés mais qui influencent significativement votre expérience de dégustation. Ces caractéristiques physiques du verre peuvent modifier la température du whisky, affecter sa viscosité et même influencer la formation des composés aromatiques.
| CRISTAL VS VERRE ORDINAIRE : CONDUCTIVITE THERMIQUE DIFFERENTIELLE |
Le cristal et le verre ordinaire présentent des propriétés thermiques différentes qui peuvent affecter la température du whisky qu’ils contiennent.
Le cristal, en raison de sa composition chimique particulière, a une conductivité thermique plus élevée que le verre ordinaire. Cela signifie qu’un verre en cristal aura tendance à transférer plus rapidement la chaleur de votre main au whisky.
Cette différence de conductivité peut avoir un impact sur la dégustation. Un whisky légèrement réchauffé libère davantage d’arômes volatils, ce qui peut enrichir l’expérience olfactive. Cependant, un réchauffement trop rapide peut également accélérer l’évaporation de l’alcool, modifiant ainsi l’équilibre aromatique du whisky. C’est pourquoi de nombreux amateurs préfèrent tenir leur verre par le pied ou la base plutôt que par le bol.
| VERRES A DOUBLE PAROI : ISOLATION THERMIQUE ET PRESERVATION DES ARÔMES |
Les verres à double paroi représentent une innovation intéressante dans le monde de la dégustation du whisky. Ces verres, constitués de deux couches de verre séparées par une fine couche d’air, offrent une excellente isolation thermique. Cette caractéristique permet de maintenir la température du whisky stable pendant une période plus longue, préservant ainsi ses qualités organoleptiques.
L’isolation thermique des verres à double paroi présente plusieurs avantages. Elle limite l’influence de la chaleur de votre main sur la température du whisky, permettant une dégustation plus constante. De plus, elle ralentit le réchauffement naturel du whisky à température ambiante, vous donnant plus de temps pour explorer ses différentes nuances aromatiques au fil de la dégustation.
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Pour En Savoir Plus

| Rugosité de surface : impact sur la formation des bulles et la libération des composés volatils |
La texture de la surface interne du verre, bien que souvent imperceptible à l’œil nu, peut avoir un impact significatif sur votre expérience de dégustation. La rugosité microscopique du verre influence la formation de minuscules bulles lorsque vous faites tourner le whisky dans le verre, un geste courant lors de la dégustation.
Ces microbulles jouent un rôle important dans la libération des composés volatils du whisky. Une surface légèrement plus rugueuse favorise la formation de ces bulles, ce qui peut accélérer la libération des arômes. Certains verres haut de gamme sont conçus avec une rugosité de surface optimisée pour maximiser cet effet, offrant ainsi une expérience aromatique plus riche et plus intense.
Cependant, une rugosité excessive peut également avoir des effets indésirables. Elle peut, par exemple, favoriser une oxydation trop rapide du whisky ou une évaporation accélérée de l’alcool. Le défi pour les fabricants de verres est donc de trouver l’équilibre parfait entre une rugosité suffisante pour stimuler la libération des arômes et une surface assez lisse pour préserver l’intégrité du whisky.
| Interaction entre le whisky et les matériaux du verre |
L’interaction entre le whisky et les matériaux du verre est un domaine fascinant qui continue d’intéresser les chercheurs et les professionnels de l’industrie. Cette interaction peut influencer non seulement la perception sensorielle du whisky, mais aussi sa composition chimique à long terme.
| Verres en cristal au plomb : controverse sur la libération de plomb |
Les verres en cristal au plomb ont longtemps été considérés comme le summum de l’élégance pour la dégustation des spiritueux fins. Cependant, leur utilisation a suscité des controverses ces dernières années en raison de préoccupations concernant la possible libération de plomb dans le whisky.
Des études ont montré que le plomb contenu dans le cristal peut effectivement se dissoudre dans le whisky, en particulier lorsque celui-ci est conservé dans le verre pendant de longues périodes. Bien que les quantités libérées soient généralement faibles, cette découverte a conduit de nombreux fabricants et amateurs à se tourner vers des alternatives plus sûres.
Malgré ces préoccupations, certains passionnés continuent de privilégier les verres en cristal au plomb pour des dégustations occasionnelles, appréciant leurs qualités esthétiques et leur capacité à mettre en valeur certains aspects du whisky. Il est cependant recommandé de ne pas stocker le whisky dans ces verres sur de longues périodes.
| Verres en titane : neutralité et préservation des saveurs délicates |
Face aux inquiétudes soulevées par les verres en cristal au plomb, l’industrie a exploré de nouveaux matériaux pour la fabrication de verres à whisky. Le titane est l’un des matériaux les plus prometteurs dans ce domaine. Les verres en titane se distinguent par leur neutralité chimique exceptionnelle, ce qui signifie qu’ils n’interagissent pratiquement pas avec le whisky.
Cette neutralité présente plusieurs avantages pour la dégustation du whisky. Tout d’abord, elle garantit que les saveurs et les arômes du whisky ne sont pas altérés par le matériau du verre. Cela est particulièrement important pour les whiskies délicats ou complexes, dont les nuances subtiles pourraient être masquées par une interaction avec le verre.
De plus, les verres en titane sont extrêmement durables et résistants aux rayures, ce qui permet de préserver leur surface lisse au fil du temps. Cette caractéristique assure une expérience de dégustation constante, même après de nombreuses utilisations.
| Innovations en matériaux composites : quête du verre parfait pour le whisky |
La recherche du verre parfait pour la dégustation du whisky a conduit à l’exploration de matériaux composites innovants. Ces nouveaux matériaux combinent les avantages de différents composants pour créer des verres aux propriétés uniques, spécifiquement adaptées à l’appréciation du whisky.
Par exemple, certains fabricants expérimentent avec des verres incorporant des nanoparticules dans leur structure. Ces particules microscopiques peuvent être conçues pour interagir de manière spécifique avec certains composés du whisky, amplifiant potentiellement certains arômes tout en atténuant d’autres.
D’autres innovations incluent des verres à revêtement intérieur spécial, conçus pour optimiser la formation de bulles et la libération des arômes. Ces revêtements peuvent être ajustés pour s’adapter à différents styles de whisky, offrant ainsi une expérience de dégustation sur mesure.
| Protocoles de dégustation et choix du verre selon les styles de whisky |
Le choix du verre pour la dégustation du whisky n’est pas une science exacte, mais plutôt un art qui s’affine avec l’expérience. Différents styles de whisky peuvent bénéficier de verres spécifiques qui mettent en valeur leurs caractéristiques uniques. Comprendre ces associations peut grandement enrichir votre expérience de dégustation.
→ Single malts écossais : adaptation du verre aux profils speyside, islay, highland.
Les single malts écossais, réputés pour leur complexité et leur diversité, nécessitent une attention particulière dans le choix du verre.
Les whiskies de Speyside, souvent caractérisés par des notes fruitées et florales, s’épanouissent généralement bien dans des verres tulipe qui concentrent leurs arômes délicats tout en permettant une bonne oxygénation. Pour les whiskies d’Islay, connus pour leurs notes tourbées et iodées, un verre légèrement plus évasé peut être préférable pour permettre à ces arômes puissants de s’exprimer pleinement sans submerger le nez.
Les whiskies des Highlands, quant à eux, présentent une grande diversité de profils. Pour les expressions plus robustes et épicées, un verre de type Glencairn peut être idéal, offrant un bon équilibre entre concentration des arômes et ouverture suffisante pour apprécier la complexité du whisky. Pour les Highland malts plus légers et floraux, un verre tulipe classique reste un excellent choix.
→ Bourbons américains : verres spécifiques pour amplifier les notes vanillées et de maïs.
Les bourbons américains, avec leurs profils aromatiques distinctifs dominés par des notes de vanille, de caramel et de maïs, bénéficient d’une approche légèrement différente en termes de choix de verre. Un verre à l’ouverture plus large que celle utilisée pour les scotchs peut être avantageux pour ces whiskies.
Le verre « Kentucky Bourbon Trail », par exemple, a été spécialement conçu pour mettre en valeur les caractéristiques uniques du bourbon. Sa forme évasée vers le haut permet aux notes plus lourdes et sucrées typiques du bourbon de s’épanouir, tandis que son rebord légèrement rétréci concentre suffisamment les arômes pour une expérience olfactive optimale.
Pour les bourbons plus âgés ou plus complexes, un verre de type snifter peut être approprié. Sa large base permet une bonne oxygénation du whisky, tandis que son col rétréci concentre les arômes riches et boisés souvent présents dans ces expressions plus matures.
→ Whiskies japonais : tradition et innovation dans le design des verres de dégustation.
Les whiskies japonais, réputés pour leur finesse et leur équilibre, ont inspiré des approches innovantes dans le design des verres de dégustation. Alliant tradition japonaise et technologie moderne, ces verres visent à mettre en valeur les subtilités uniques de ces whiskies.
Par exemple, certains fabricants japonais ont développé des verres avec des formes intérieures complexes, conçues pour créer des mouvements spécifiques du liquide lorsqu’on fait tourner le verre. Ces mouvements sont censés libérer progressivement différentes couches d’arômes, permettant une exploration plus approfondie du profil du whisky.
D’autres designs s’inspirent de la philosophie japonaise du
wabi-sabi, incorporant des éléments asymétriques ou des textures uniques qui influencent subtilement la façon dont le whisky interagit avec le verre et, par extension, avec vos sens.

Lorsqu’on découpe la géographie du whisky écossais, on distingue plusieurs grands ensembles : les Highlands, les Lowlands, les îles (parmi lesquelles Islay, qui fait office de cas très particulier pour sa concentration historique de distilleries et son caractère porté vers la tourbe), la presqu’île de Campbeltown … et, à l’intérieur même des Highlands, au nord-est, une région à part entière appelée Speyside.

Délimité par deux rivières, Findhorn à l’ouest et Deveron à l’est, le Speyside tient son nom d’un autre cours d’eau, la Spey, qui, avec ses affluents, a toujours alimenté la région en eau et prodigué une fertilité propice à la culture de l’orge.

C’est pourquoi le Speyside concentre un nombre incroyable de distilleries très réputées : environ les deux tiers des distilleries écossaises, ce qui fait de cette région un peu « le saint des saints » du whisky écossais ! Macallan, Glenlivet, Balvenie, Glenfiddich ou Aberlour sont quelques unes des vedettes du Speyside.

Après avoir passé les premières années de sa vie en France où il est né en 1780 à Calais, il rentre en Irlande (ses deux parents sont Irlandais) et s’installe avec sa famille à Dublin. Il étudie à Trinity College et entre au service des Douanes en 1799-1800. Marié à Susanna Logie en 1808, il a un fils qu’il appelle Aeneas.
D’après les archives des douanes britanniques, il est nommé sous commissaire au service de la Régie des Douanes et des Taxes intérieures pour le district de Drogheda en 1813. Il a vraisemblablement été promu inspecteur général des douanes un peu plus tard. En 1824, il démissionne de son poste et entre dans l’industrie de la distillation de whiskey, qu’il était chargé de contrôler auparavant. Il a d’ailleurs dirigé pendant un courte période la Dock Distillery située sur le Grand Canal à Dublin.
En 1830, il invente le Coffey Still (appelé aussi patent still), un nouveau type d’alambic à colonne permettant la distillation en continu d’alcool de grain et à un prix moins élevé que la distillation habituelle. Contrairement au traditionnel alambic charentais (pot still), il n’était pas destiné à la distillation d’orge maltée. Cette invention n’est que partielle. Coffey a en fait perfectionné un procédé de distillation imaginé en 1826 par Robert Stein, distillateur écossais de la région des Lowlands. Ce qui est paradoxal, c’est que cette invention, délaissée par ses compatriotes, a permis l’essor du scotch whisky et ainsi a entraîné à terme sa domination sur le monde au détriment des whiskeys irlandais.
Waterford est l’une des distilleries les plus récentes sur la scène du whisky, mais qui fait beaucoup parler d’elle !
Fondée en 2015, en Irlande, la distillerie de l’anglais Mark Reynier (initialement venu de l’univers du vin, mais qui a dirigé pendant plusieurs années et remis sur le devant de la scène la distillerie Bruichladdich à Islay) est un projet unique.
Née d’une collaboration avec différents producteurs d’orge irlandais, Waterford revendique clairement des notions de terroir dans l’origine des céréales, en fonction des sols sur lesquels elle poussent, des variétés utilisées (avec un travail de fond sur le renouveau des variétés d’orge anciennes) et du type de culture (bio, biodynamie …).
Chaque étape de la production, de la parcelle d’orge au vieillissement, en passant par le maltage et la distillation, est scrupuleusement traçable sur chaque bouteille grâce à un code.
Installée dans une ancienne brasserie Guinness construite en 2002, Waterford est aujourd’hui une distillerie à la pointe de la technologie. La gamme Waterford se compose de whiskys singuliers et identitaires, qui mettent surtout en avant l’expression de leur terroir et de leur céréale plutôt que le type de fût utilisé pour le vieillissement (toujours le même, quelle que soit « la cuvée »).

Autrefois, dans les distilleries, les ouvriers qui faisaient tout à la main développent souvent des rhumatismes, voire des malformations de l’épaule, à force de répéter sans cesse les mêmes gestes, notamment remuer l’orge dans les aires de maltage.
Cette affection, qui était surnommée « le singe sur l’épaule », est heureusement de moins en moins répandue, grâce à la mécanisation et l’automatisation de certaines tâches. C’est en clin d’œil à cette expression que le groupe William Grant & Sons a créé le blended malt Monkey Shoulder, un assemblage de la production de trois distilleries du Speyside (Glenfiddich, Balvenie et Kininvie).
Dans l’univers des spiritueux, et notamment du whisky, on désigne par « brut de fût » (ou cask strength) un whisky pris sur fût à l’issue de son vieillissement et qui n’a subi aucune réduction (dilution avec de l’eau) avant sa mise en bouteille : il a donc conservé son degré d’alcool naturel, souvent élevé (qui peut allègrement titrer à plus de 55 %, voire jusqu’à 70 % d’alcool dans certains cas, l’évaporation de ce dernier dans le fût étant extrêmement lente). Habituellement, ces cask strength sortent en éditions limitées et numérotées. On les distingue bien des whiskys issus d’un seul fût, donc single cask, ainsi que de ceux issus de l’assemblage d’un petit nombre de fûts très sélectionnés, donc small batch.

De plus en plus prisé des amateurs et figurant souvent dans les classements des whiskys les plus primés, le whisky japonais n’a rien d’un effet de mode : le pays du Soleil Levant s’est converti depuis plus de 150 ans à ce produit et il en fabrique depuis au moins un siècle.
Les Japonais ont découvert le whisky en 1854, lors de la visite diplomatique du commodore américain Matthew Calbraith Perry, qui voulait inciter le Japon à s’ouvrir sur le reste du monde.
Parmi ses offrandes à l’empereur du Japon et aux autres personnalités officielles, se trouve un fût de bourbon. Les Japonais sont séduits par le produit et, dans les années 1870, essaient de le reproduire, sans succès.
En 1918, un étudiant en chimie, Masataka Taketsuru, se rend à Glasgow, pour étudier l’art de la distillation. De retour au pays, il ouvre la première distillerie japonaise en 1923, Yamazaki, avec Shinjiro Torii. Puis en 1934, il crée la distillerie Yoichi sur l’île d’Hokkaido. Ces deux dates constituent donc l’acte de naissance du whisky japonais.

Depuis les années 1930, de nombreux producteurs de whisky ont recours à une technique de filtration qui consiste à débarrasser le whisky de certaines particules et autres résidus qui en troublent la couleur et la transparence.
Perfectionnée sous la méthode de filtration à froid, elle consiste à abaisser drastiquement la température du whisky (en dessous de 4° C et quelquefois en dessous de 0° C) pour ensuite le passer par plusieurs filtres afin de plus facilement débarrasser le breuvage de ses résidus indésirables issus de la distillation et du vieillissement en fûts, et ainsi se retrouver avec un whisky limpide en bouteille.
Ce procédé est, bien sûr, utilisé pour les blends et une grande proportion de single malts. Cependant, il est de plus en plus contesté par les puristes, qui lui reprochent de priver le whisky de certaines composés aromatiques essentiels, mais aussi d’amaigrir sa texture. Du reste, les grands amateurs ne sont peut-être pas aussi à cheval face à un whisky totalement clair et limpide dans leur verre et supporteront d’avoir un alcool un peu trouble, pourvu qu’il soit plus complet et complexe.
Les collectionneurs et les grands amateurs aiment dénicher des whiskys anciens pour savourer un morceau d’histoire : d’une part pojr toucher des lèvres la production de distilleries quelquefois disparues, ou bien pour goûter à des « styles » de whisky qui n’ont plus cours aujourd’hui. Il est possible pour ces amateurs de dénicher aux enchères de vieilles bouteilles collectors. Il faut toutefois rappeler que l’âge de la bouteille ne nous dit rien de l’âge réel du whisky qui se trouve à l’intérieur : contrairement au vin, l’alcool d’un whisky ne vieillit plus une fois qu’il est mis en bouteille ; mais cela ne veut pas dire qu’il n’évolue plus, un lent processus d’oxydation pouvant toutefois se produire en bouteille.
L’âge d’un whisky dépend du temps qu’il a passé en fût, et c’est cela qui fait sa rareté : certaines distilleries et certains embouteilleurs ont encore dans leurs chais des trésors qui patientent en fûts depuis des décennies, attendant « le bon moment » pour être embouteillé.
Il s’agit donc de distinguer un vestige comme la bouteille der whiskey américain vendue aux enchères en 2021, qui aurait été distillée entre 1762 et 1802, mais dont on ignore tout de la qualité qu’elle contient, et le Glenfiddich Rare Collection 1937, mis en bouteille en 2001 après … 64 ans de vieillissement et vendu en 2004.
A ce jour, le plus vieux whisky mis en vente en 2021, est un single malt de la distillerie Glenlivet, mis en fût en 1940 et conservé pendant 80 ans par l’embouteilleur Gordon & MacPhail, qui l’a mis en bouteille en 2020. Pas moins de 250 carafes ont été vendues à travers le monde, mises aux enchères à un prix avoisinant les 100 000 euros l’unité.
Lorsqu’un whisky sort de l’alambic, il affiche généralement entre 60 et 70 % d’alcool. Si certains bruts de fûts conservent de très hauts niveaux d’alcool, même après vieillissement, le long passage en barrique vient généralement, avec la part des anges, réduire ce pourcentage.
Le processus est toutefois très long. Aussi, pour réduire le taux d’alcool du whisky et le rendre plus « aimable », on a recours à ce que l’on appelle la « réduction », l’une des rares modifications légalement autorisées du produit initial de l’alambic.
La réduction consiste tout simplement à ajouter de l’eau dans le whisky avant l’embouteillage pour réduire l’alcool. Une manœuvre pas si simple, qui demande beaucoup de savoir-faire pour conserver l’équilibre du spiritueux et ne pas le traumatiser.
L’histoire du whisky français, ou en tout cas de sa production, a commencé à s’écrire en Bretagne. Rien d’étonnant, si l’on considère l’origine éminemment celte de cette eau-de-vie …

Située à Lannion, dans les Côtes-d’Armor, la distillerie Warenghem, fondée en 1900, se fait connaître grâce à différents alcools comme l’Elixir d’Armorique, puis des liqueurs (de menthe, de cassis) ou encore du kirsch. En 1983, elle lance son premier whisky, d’abord un blend appelé WB (50 % de whisky de grain et 50 % de whisky de malt), puis un single malt appelé Armorik, en 1998.
Entre temps, la distillerie des Menhirs voit le jour en 1986, à Plomelin (Finistère) et lance en 1998 la production d’un premier whisky produit à partir de blé noir, qui sort quatre ans plus tard, sous le nom d’Eddu.
En 1999, est lancée la Celtic Whisky Compagnie qui produira le single malt Glann ar Mor à partir de 2005, puis le tourbé Kornog, en 2009 (la distillerie a depuis été rachetée par la maison Villevert). Par la suite, d’autres distilleries ont vu le jour en Bretagne (distillerie de la Mine d’Or, distillerie de la Roche aux Fées), prouvant le dynamisme de cette région en matière de production de whisky.

En 2018, des archéologues ont révélé le résultat de fouilles à Lindores Abbey, en Écosse, recelant les vestiges de ce qui pourrait bien être les plus anciennes installations destinées à la distillation, une structure en pierre qui aurait servi à la chauffe de céréales, certainement datée de la fin du Xvè, voire début XVIè siècle.
Un vestige passionnant mais qui n’est plus fonctionnel depuis longtemps.
Alors, où se trouve le plus vieil alambic à whisky encore opérationnel ?
En 2010, la distillerie Bruichladdich, sur l’île d’Islay, a remis en service, après quelques travaux de rénovation, un pot still construit en 1880 !
Lorsque l’on sait qu’un alambic peut tenir en moyenne une quarantaine d’années avant de devoir connaître des changements de pièces, voire d’être remplacé, la résurrection de ce vénérable alambic est un accomplissement remarquable …
Enfin, la distillerie Dalmore, dans les Highlands, revendique le plus vieil alambic, datant de 1874 …

Dès que l’on parle de Prohibition aux États-Unis, on pense tout de suite aux Incorruptibles, à Eliot Ness et à Al Capone dans les rues de Chicago. S’étirant de 1919 à 1933 sur le territoire américain, la Prohibition trouve ses racines au XIXè siècle, lorsque les ligues de tempérance décident de lutter contre la consommation abusive d’alcool qui provoque violences et décès aux quatre coins du pays : il s’agit alors de combattre l’ivrognerie et la corruption, mais le mouvement devient rapidement politique. Le vote du 18e amendement de la Constitution en 1919, renforcé l’année suivante par l’application du Volstead Act, vient interdire la fabrication, la vente et l’achat de boissons contenant plus de 0,5 % vol. d’alcool sur le territoire fédéral.
Comme on peut s’y attendre, cette interdiction donne naissance à toutes sortes de distilleries clandestines, de trafics venus du Canada, de Cuba, des Bermudes ou encore de Saint-Pierre-et-Miquelon, mais surtout à une montée en puissance du crime organisé qui parvient à mettre en place un important réseau de contrebande à travers le pays.
Face aux problèmes économiques, sociaux et judiciaires engendrés par la Prohibition, et dans la foulée de la grande crise de 1929, le président Franklin D. Roosevelt fait finalement abroger la Prohibition (et donc simultanément le 18è amendement et le Volstead Act) en avril 1933. Il demeure toutefois, au sein de l’union, des États américains qui appliquent encore une législation très stricte sur l’alcool.
L’une des caractéristiques de l’élaboration du whiskey irlandais est le recours à la triple distillation, alors que la plupart des autres whiskys du monde (à commencer par l’écossais) n’ont recours qu’à une double distillation. Plus long et plus coûteux, ce processus donne naissance à des whiskys généralement onctueux et fruités, à la texture plus douce et caressante, que l’on identifie comme le « style irlandais ».
Pour y parvenir, les distillateurs ont recours à trois types d’alambics différents : le wash still (alambic de première distillation), le feint still ou « low wines » still (alambic permettant de distiller une nouvelle fois les têtes de queues de distillation) et le spirit still (alambic qui donnera naissance à l’eau-de-vie finale). Ce processus en apparence simple demande en réalité beaucoup de savoir-faire dans la sélection des têtes et des queues de distillation, qu’il faut savoir écarter pour les réintégrer par la suite.
Même s’il existe encore un certain nombre de distilleries indépendantes et que ne cessent de fleurir aux quatre coins du monde de nouvelles distilleries artisanales (dont la production séduit les amateurs), la plupart des grandes marques de whisky se trouvent dans le giron des spiritueux. En 2021, ce marché atteignait un chiffre d’affaires mondial de 783,5 milliards de dollars et devrait s’élever à plus de 1 000 milliards d’ici 2026.
Dans ce périmètre, le leader absolu est le groupe britannique Diageo, avec un chiffe d’affaires de plus de 20 milliards de dollars (Diageo possède des marques de whisky comme Johnnie Walker,J&B, Caol Ila, Cardhu, Knockando, Cragganmore, Dalwhinnie, Lagavulin, Oban ou encore Talisker).
Le second opérateur mondial est le groupe français Pernod Ricard avec un chiffre d’affaires en 2021n d’un peu plus de 11 milliards de dollars (avec Ballantine’s, Clan Campbell, Chivés Regal, Aberlour, Glenlivet, Jameson …). Baccardi-Martini, autre géant des spiritueux, pour sa part, affiche la même année un chiffre d’affaires de 5 milliards (avec notamment les marques William Lawson, Dewar’s, Deveron, Royal Brackia …).
On n’oubliera pas non plus les géants japonais, Nikka et Suntory, qui investissent au-delà de leurs frontières et ont même créé des sous-ensembles comme Beam Suntory (Jim Beam, Maker’s Mark, Laphroaig, Canadian Club …), ou encore le groupe de luxe LVMH, qui s’aventure aussi sur le terrain des spiritueux haut-de-gamme (Ardbeg, Glenmorrangie, etc).
Souvent considéré comme le « géant endormi » du whisky, et encore quelquefois associé à la période de la Prohibition, le Canada produit de très importants volume de whisky, exportés à 75 % (principalement vers les États-Unis). Le pays souffre pourtant d’un déficit de notoriété ou de reconnaissance auprès des amateurs.
Historiquement, le whisky canadien, produisait beaucoup d’eaux-de-vie à base de seigle (rye), mais il souscrit désormais plutôt à la tradition du blend, combinant plusieurs types de céréales (maïs, seigle, froment ou orge) le plus souvent vieillies séparément puis assemblées. Bien que la production se soit fortement concentrée autour de distilleries très réputées comme Canadien Club et Crown Royal, le Canada assiste depuis une vingtaine d’années à l’explosion des distilleries craft (artisanales), qui bousculent l’image du whisky de bon rapport qualité-prix, pour se tourner vers une production de haute qualité, qui mérite toute l’attention des amateurs. Attention, le whisky canadien pourrait devenir une grande tendance dans les années à venir !

Avec le renouveau actuel des spiritueux, de plus en plus de distilleries se créent de nouveau en pleine ville, que ce soit à Paris, à Bordeaux, à New York, à Glasgow, à Dublin ou ailleurs.
Résolument tournées vers le craft et souvent orientées vers la production de différents alcools, à commencer par le gin, mais pas seulement, elles essaient aussi de bousculer la scène du whisky.
La distillerie de Paris, installée dans le 10è arrondissement de la capitale française, est un bel exemple, produisant un single malt 3 ans d’âge. À Bordeaux, de jeunes maisons, comme Bordeaux Distilling Co ou Moon Harbour, surfent sur la tendance des distilleries urbaines. En plein milieu du Havre, la Distillerie de la Seine produit son pure malt. Ce ne sont que quelques exemples hexagonaux, mais à l’étranger, les ouvertures assez récentes de Clydeside Distillery à Glasgown Roe & Co à Dublin ou Great Jones Distilling Company à New York témoignent de ce renouveau des distilleries situées en plein environnement citadin. À suivre de près !
En Écosse, Islay est un monde à part entière.

Cette île occidentale surnommée « la reine des Hébrides », couvrant une superficie de 619.56 km2, est un bastion historique du whisky.
À la fois sous influence de la mer, de l’océan et de sa terre si particulière, riche en tourbe dont les caractéristiques organoleptiques se distinguent de celles du Mainland écossais, elle abrite depuis très longtemps un bon nombre de distilleries, Bowmore étant la doyenne (sa date de fondation remonte à 1779). Si l’on a tendance à résumer Islay à sa tourbe, on aurait tort de penser que tous ses whiskys se ressemblent.
Plus ou moins fumés, plus ou moins droits ou amples, plus ou moins salins, marins, ils adoptent des profils parfois très différents, selon qu’ils se situent sur la partie sud de l’île (Ardbeg, Lagavulin, Laphroaig), la partie est (Bunnahabbhain, Caol Ila) ou la partie centre-ouest (Bowmore, Bruichladdich, Kilchoman).

Toutes ces distilleries font partie, bien sûr, de l’imaginaire des amateurs, et il serait vraiment hâtif de les ranger sous une seule catégorie « tourbée », tant elles signent des whiskys aux identités très distinctes.

Si l’histoire d’Islay a pu être marquée à un moment par la fermeture de certaines distilleries historiques, l’île est aujourd’hui extrêmement prisée et en plein renouveau, si bien qu’une nouvelle distillerie y a vu le jour en 2019 (Ardnahoe) et que la légendaire Port Ellen, transformée en malterie, doit reprendre une activité de production.

L’affinage ou finish est considéré comme un deuxième processus de maturation qui donne au whisky un profil très particulier.
Un finish en fûts de sherry, de porto, de madère, de cognac, de calvados, de sauternes ou même de cru classé bordelais imprimera ainsi au produit final un profils très singulier.
Rares sont les distilleries qui peuvent se permettre de garder un whisky plus de 10, 20 ou 30 ans dans ce type d’anciens fûts, qui représentent un certain prix. Il est aussi possible que sur une période trop longue, il marque trop fortement le whisky final.
Les distilleries pratiquent donc fréquemment une première maturation dans d’anciens fût de bourbon, puis une deuxième maturation, plus courte, en finish, dans un autre fût plus typé, qui a gardé des traces aromatiques du liquide qu’il a précédemment contenu.
Un ancien fût de sauternes n’apportera ainsi pas la même touche finale qu’un ancien fût de porto ou de madère. Particulièrement prisés, les anciens fûts de vins de xérès (ou scherry butts), d’une contenance avoisinant les 500 litres, apportent un supplément de saveurs, de gourmandise et de salinité, très recherché tant pas les distillateurs que par les amateurs.

Le bourbon est une appellation spécifique qui fait partie de la famille des whiskeys américains. Elle obéit à un cahier des charges particulier, au-delà d’un ancrage géographique (Kentucky), qui n’est pas exclusif. Il existe, en dehors du bourbon, d’autres types de whiskeys américains. Alors que le bourbon doit être composé au moins de 51 % de maïs, un whiskey peut avoir une dominante de seigle (Rye Whiskey), d’orge ou de blé dans sa composition.
Dans bien des cas, l’assemblage sera dominé à 51 % par une céréale, d’autres céréales complétant ce que l’on appelle un « mashbill ». On peut aussi trouver un whiskey contenant 80 % de maïs, auquel cas il sera appelé Corn Whiskey.
Il existe des single malt whiskeys, produit exclusivement à partir d’orge maltée comme en Écosse. Enfin, on n’oubliera pas de mentionner la particularité du Tennessee whiskey (dont le plus célèbre représentant est Jack Daniel’s) : son élaboration ressemble en bien des points à celle du bourbon, mais il est filtré à travers des couches de charbon appelé « charcoal mellowing », lui apportant des notes légèrement fumées et un profil moins huileux que le bourbon.

Il existe dans différents endroits de la planète d’excellents bars à whisky qui regorgent de trésors.
Commençons sur les terres originelles du whisky : en Écosse, on ne manquera pas de visiter The Quaich, un bar à whisky de l’hôtel Craigrellachie dans le Speyside, avec plus de 800 références, dont certaines très rares !
Le bar Scotch de l’hôtel Balmoral, à Édimbourg, compte pour sa part plus de 500 références. À Glasgow, le bar The Pot Still est aussi une institution remontant à 1868 et affichant également près de 800 références.
Dans la capitale du Royaume-Uni, Londres, l’un des meilleurs bars à whisky est le Black Rock, doté d’une superbe décoration.
À Paris, il faut connaître le Golden Promise, un bar un peu caché et une véritable cave aux trésors du 2è arrondissement, accolé à la maison du Saké. Le Sherry Butt, dans le 4è arrondissement, est à la fois un excellent bar à whisky et une institution de la mixologie.
À New York, le choix est pléthorique : The Whiskey Ward, The Whiskey Tavern, The Brand Library, Copper & Oak, Thje Flatiron Room, The Dead Rabbit … et tout ça, seulement à Manhattan !
Enfin, à Tokyo, les amoureux de whisky japonais feront forcément escale au Zoetrope.
Considérée comme la plus septentrionale des distilleries écossaises, Highland Park est, avec Scapa, l’une des deux distilleries installées sur les îles Orcades, au large des Higlands.

Fondée en 1798 à Kirkwall, la distillerie s’est modernisée en 1825 et possède aujourd’hui quatre alambics (deux wash stills et deux spirits stills). Elle a aussi la spécificité de malter elle-même une partie de sa propre orge et d’utiliser sa propre tourbe.
L’eau de source de l’île contribue également à la singularité de la production. De fait, les whiskys de Higland Park ont un caractère extrêmement équilibré, entre un côté salin, tourbé sans excès, des notes sauvages de fougères, de landes et de sous-bois, et une maîtrise très élégante des vieillissements.

Distillerie historique d’Islay, fondée en 1820, Port Ellen fut la première distillerie écossaise à exporter son single malt vers les États-Unis. Elle fut également une distillerie en avance sur son époque en modernisant certaines étapes de la distillation, notamment en introduisant l’âge du coffre à alcool (spirit safe) qui permet au distillateur de mieux sélectionner le cœur de chauffe et d’écarter têtes et queues de distillation.
Au fil du temps, Port Ellen s’est forgé une grande réputation auprès des amateurs, mais des périodes de difficultés dans les années 1960, puis la crise du Whisky Loch au début des années 1980 conduira à sa fermeture.
Aujourd’hui, certains embouteilleurs possèdent encore de vieux fûts de Port Ellen, qu’ils mettent en marché au compte-gouttes, et que les collectionneurs s’arrachent, tout comme les vieilles bouteilles qui peuvent apparaître dans les ventes aux enchères.
Mais malgré la cessation de son activité de distillation, le site de Port Ellen a entamé une seconde vie puisqu’il a été transformé en malterie à part entière, activité qui avait déjà été amorcée en 1973 et qui s’est accélérée depuis avant un retour qui se fait de plus en plus précis.
Selon des plans proposés par le géant des spiritueux Diageo, « Port Ellen sera remise en production avec deux nouvelles paires d’alambics de cuivre » mais chaque paire distillera de manière différente et produira donc deux distillats distincts.
Le régime de distillation primaire, utilisant deux alambics reproduisant exactement l’alambic de cuivre de Port Ellen d’origine, recréera soigneusement le distillat original de la distillerie qui a fait de son single malt, l’un des plus recherchés au monde. Parallèlement, une deuxième paire d’alambics produira des distillats alternatifs, laissant ainsi aux fabricants de whisky de Port Ellen la liberté d’expérimenter de nouveaux styles de whisky.

Les plus anciens alambics utilisaient différents matériaux, plus ou moins malléables et permettant la distillation de l’alcool : céramique ou verre …
Mais rapidement, le cuivre s’est imposé, tout d’abord pour des questions pratiques : le métal est facile à travailler, à mouler et à assembler, il résiste à la corrosion et il est aussi un excellent conducteur de chaleur ou de fraîcheur, qu’il s’agisse de faire monter un liquide à très haute température ou de refroidir de la vapeur.
Il a également des avantages sur le plan chimique pendant le processus de distillation : il réduit ou élimine la présence de soufre et ses odeurs associées, permet le développement des esters (condensations d’une molécule d’alcool et d’une molécule d’acide, porteurs d’arômes fruités) et prévient la contamination bactérienne.
Le cuivre est donc un allié précieux du distillateur, mais aussi un allié coûteux, à l’achat et à l’entretien, notamment pour les remplacements de pièces usagées. On a donc pu remplacer par endroits le cuivre par des alambics en acier inoxydable, pour des aspects économiques et pratiques, mais la qualité finale du distillat s’en ressent fortement. Le cuivre a encore de beaux jours devant lui pour la production de whiskys et spiritueux de qualité.
| Les plus vieilles distilleries. |
1/ Quelle est la plus ancienne distillerie d’Écosse encore en activité ?
→ a) Glenmorrangie.
→ b) Glenfiddich.
→ c) Glenturret.
2/ Quelle est la plus ancienne distillerie du Japon ?
→ a) Yamasaki.
→ b) Yoichi.
→ c) Miyagikyo.
3/ Quelle distillerie est pionnière en France dans la production de whisky ?
→ a) Domaine des Hautes Glaces.
→ b) Warenghem.
→ c) Ninkasi.
Réponses : 1-c, 2-a, 3-b.
| La possibilité d’une île. |
1/ Sur quelle île japonaise se trouve la distillerie Yoichi ?
→ a) Okinawa.
→ b) Hokkaido.
→ c) Kyushu.
2/ Comment se nomme la seule distillerie de l’île de Mull ?
→ a) Tobermory.
→ b) Talisker.
→ c) Jura.
3/ Sur quelles îles septentrionales de l’Écosse trouve t’on les distilleries Highland et Scapa ?
→ a) Tobermory.
→ b) Talisker.
→ c) Jura.
Réponses : 1-b, 2-a, 3-c.
| Le whisky japonais. |
1/ Quelle est la plus ancienne distillerie du Japon ?
→ a) Yoichi.
→ b) Taketsuru.
→ c) Yamasaki.
2/ A quel grand groupe appartient le célèbre single grain The Chita ?
→ a) Suntory.
→ b) Nikka.
→ c) Pernod Ricard.
3/ En quelle année la première distillerie japonaise a t’elle été inaugurée ?
→ a) 1910.
→ b) 1923.
→ c) 1946.
Réponses : 1-c, 2-a, 3-b.
| Écosse ou Irlande ? |
1/ Dans quel pays emploie t’on le terme gaélique glen pour désigner une vallée ?
→ a) En Écosse.
→ b) En Irlande.
→ c) Les deux.
2/ Quelle est la capacité de l’Irlande dans l’élaboration de son whiskey ?
→ a) Elle pratique la double distillation.
→ b) Elle pratique la triple distillation.
→ c) Elle pratique la distillation en continu.
3/ Laquelle de ces distilleries n’est pas écossaise ?
→ a) Connemara.
→ b) Auchentoshan.
→ c) Loch Lomond.
Réponses : 1-c , 2-b, 3-a.
| Les distilleries les plus célèbres. |
1/ Dans quel État américain se trouve la distillerie Jack Daniel’s ?
→ a) Kentucky.
→ b) Tennessee.
→ c) Géorgie.
2/ Sur quelle île écossaise se trouve Lagavullin ?
→ a) Islay.
→ b) Jura.
→ c) Skye.
3/ Près de quelle ville japonaise se trouve la distillerie Yamazaki ?
→ a) Tokyo.
→ b) Hiroshima.
→ c) Kyoto.
Réponses : 1-b, 2-a, 3-c.
| D’où viennent ces whiskys ? |
1/ Sur quelle île écossaise naît le whisky Talisker ?
→ a) Islay.
→ b) Mull.
→ c) Skye.
2/ Dans quel pays se trouve la distillerie Jameson ?
→ a) Écosse.
→ b) Irlande.
→ c) Canada.
3/ D’où vient le whisky Glann Ar Mor ?
→ a) Bretagne.
→ b) Speyside.7
→ c) Nouvelle-Zélande.
Réponses : 1-c, 2-b, 3-a.
| Single malt ou blended malt ? |
1/ Lequel de ces whiskys internationaux est un blended malt ?
→ a) Bellevoye.
→ b) Port Askaig.
→ c) Miyagikyo.
2/ Lequel de ces whiskys japonais n’est pas un single malt ?
→ a) Taketsuru.
→ b) Yoichi.
→ c) Yamazaki.
3/ Lequel de ces whiskys écossais est un blended malt ?
→ a) Kingsbarns.
→ b) Monkey Shoulder.
→ c) Tullibardine.
Réponses : 1-a, 2-a, 3-b.
Lorsque l’amateur de whisky se déplace en Écosse, il ne peut échapper aux noms de famille commençant par « Mac ». le « Mac » en Écosse est partout, à commencer par les clans : MacAlister, MacArthur, MacGregor, MacKenzie, MacLaine …, chacun avec un tartan bien spécifique …
Le « Mac » est constitutif de l’identité écossaise (tout comme le « O’ » est typiquement irlandais). Dans les langues gaéliques, « Mac » vient de la forme ancestrale macc qui signifie « fils ».
Suivi d’un nom propre, il signifie tout simplement « fils de », donc MacActhur signifie tout simplement « fils de Arthur ».
Très répandu en Écosse, mais présent aussi en Irlande, ce préfixe peut être indifféremment écrit « Mac », ou sous sa forme abrégée, « Mc » dans un nom de famille, sans règle géographique bien établie.
Le troisième samedi du mois de mai est, traditionnellement, la journée mondiale du whisky.
Née e 2012 dans l’esprit avisé de Blair Bowman (auteur et consultant reconnu notamment pour le Pocket Guide to Whisky), cette idée a ét adoptée dès 2014 par le Parlement Écossais.
Cette journée mondiale s’est depuis étendue au reste du monde, ou du moins aux pays qui consomment du whisky. Autant dire qu’en France, l’un des premiers marchés pour ce produit, on a toutes les bonne raisons de célébrer cette journée !
Si Yamazaki, fondée en 1923, est la distillerie pionnière du whisky japonais et la pierre angulaire du développement du groupe Suntory, Hakushu, sa « petite sœur » plus jeune d’un demi-siècle, a permis à Suntory de diversifier son offre et d’explorer davantage les différentes identités des whiskys nippons, produits sous différentes localisations géographiques.
En 1973, Suntory se met en quête d’un nouveau lieu de production, en privilégiant les conditions climatiques et la qualité de l’eau. Ils décident d’installer leur nouvelle distillerie à Hokuto, dans la préfecture de Yamanashi (région du Chubu), dans le lieu-dit Toribara de l’ancien bourg de Hakushu. On se situe en pleine forêt à 700 mètres d’altitude, sur les contreforts de mont Kaikoma.
Cet environnement particulier (plus de 6000 essences d’arbres à proximité et une source d’eau très pure) permet à la distillerie, qui a agrandi ses installations dès 1981, de signer des whiskys très identitaires, tout en délicatesse et en fruité élégant.
La production de single malts démarre en 1994 : le 12 ans est un modèle d’équilibre entre des notes finement tourbées, une fraîcheur vivifiante et une gourmandise sans excès.
Plus accessible en prix, le Hakushu Distiller’s Reserve est une excellente porte d’entrée vers l’univers de cette distillerie qui, bien que moins célèbre que son auguste aînée, est une référence pour les connaisseurs de whisky japonais.
Sources :
Le grand livre des whiskies – Édition Prisma – Gavin D.Smith et Dominic Roskrow.
Whisky-degustation.fr
Les almaniaks – Tout savoir sur le whisky.
Nouvel atlas mondial du whisky – Édition Flammarion – Dave Broom.
Voyage au cœur du whisky – Nicolas Picard.